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 Le CR de Mô | Voici le compte rendu du marathon de Paris, vu par les yeux bleus…
Je ne reviendrai pas sur les différentes étapes abordées par Lolo, nous avons vécu ensemble ce week-end, jusqu'au bout de sa souffrance.
Avec le recul, ce départ festif et joyeux est bien loin de mon ressenti de l'arrivée. J'ai vu Laurent souffrir et même ne plus se souvenir de certains passages, comme ce toulousain qui nous a remonté vers la fin et qui nous a reconnu. Nous avions fait quelques kilomètres ensemble lors du semi de Blagnac. Mon lolo, concentré sur sa douleur ou sa cadence anesthésiante, ne se rappelle plus. Je lui ai montré la tour Eiffel, il ne la point vu non plus. Amnésie de souffrance, de repli sur soi. Il est seul en fait à ce moment-là. Notre arrivée, main dans la main est fastidieuse pour lui. Je souris aux deux photographes, lui est complètement défait.
Je n'ai pas aimé cette fin, sans musique, trop calme, presque triste ? Nous avançons tous, doucement, nous les marathoniens du jour. Je regarde autour de moi, et je ne vois que des visages aux traits tirés, et la marche de l'empereur reprend son rythme.
Une image pas très gaie me revient : je vois ces silhouettes noires avançant entre les grilles, docilement, et je me dis que la sortie des camps de concentration devait ressembler un peu à ça. Alors pourquoi ces idées noires moi qui suis optimiste de nature ? Juste quelques impressions funestes sans doute liée à la fatigue.
Et Lolo qui se sent de plus en plus mal, nauséeux qui n'avance pas. Je l'oblige à passer les barrières pour aller voir la croix rouge. Je l'oblige également à se couvrir, car à cet instant il ne veut plus rien. Je suis heureuse d'être avec lui à ce moment-là car je sais qu'il a besoin de moi, et cette fois-ci, je suis restée. Sous la tente, des hommes sont allongés, tout tremblant, essayant petit à petit de boire leur eau sucrée fournie par les sauveteurs. Au fond, un homme crie de douleur lorsqu'une secouriste lui bouge la cheville. A côté de Lolo, un autre est tombé à l'arrivée et saigne au visage. Voilà l'arrivée des derniers, des " monsieur tout le monde " qui sont allés jusqu'au bout d'eux-mêmes pour cette fichue médaille. Je n'ose imaginer l'arrivée des plus de cinq heures… Nous repartons rejoindre la marée noire en longeant les barrières. Hélas pour moi, nous avons dépassé le ravitaillement et je ne peux donc rien prendre pour me restaurer. Heureusement, j'ai pu bénéficier d'une petite bouteille d'eau sous la tente. A vrai dire, je me sens bien et n'ai besoin de rien d'autre. Seul l'arrière de mes genoux me fait souffrir et puis Lolo va mieux…
Voilà ce marathon de Paris est terminé. Il m'a fait vibrer pendant plus de deux mois, j'ai préparé comme chacun ici sérieusement ma préparation et maintenant c'est fini et j'ai pourtant un arrière goût dans la bouche d'inachevé...
Il nous faut maintenant analyser la fringale de Lolo, car si on veut continuer à courir ensemble sur des longues distances, il va falloir adapter son alimentation. Car le plaisir n'est plus au rendez-vous sur la fin. Ha, au fait, bientôt la course d'Espelette, et ses montagnes… Et là, c'est moi qui vais en chier !
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|  Et celui de Lolo | Comme tout à chacun, voila mon petit CR de ce WE fort sympathique.
Je vous passerai les détails de la préparation, de l'alimentation qui comme beaucoup d'entre vous a été des plus stricte et je commencerai directement par ce qui me tient à cœur. Tout d'abord, un grand merci à Baltha et sa tendre pour nous avoir offert le gîte et le couvert pendant un long WE de 3 jours, nous avons été accueillis avec beaucoup de gentillesse et d'amitié, peut être même un peu trop de la part de " chaussette ", le gentil chat qui nous a empêché de dormir la veille du marathon, voila une bonne excuse toute trouvée si la course se passe mal… Merci encore. Samedi soir, une belle collation de pâtes en compagnie d'une bonne douzaine de membres du forum chez Jean-Luc que nous remercions au passage pour sa grosse gamelle de nouilles et la chaleur de son accueil. De retour chez nos hôtes, nous passons rapidement, au lit histoire d'être frais et dispo pour dimanche matin, mais chaussette n'est pas vraiment d'accord avec nous, et nous le fait savoir tout au long de cette trop courte nuit. Debout 6h00, petit dèj, préparation et hop, le téléphone sonne, c'est " notre taxi " (merci encore Jean-Luc), qui nous attend pour nous déposer sur la ligne de départ. Nous retrouvons sur place nos compagnons de repas de la veille et après quelques photos de circonstance, nous déposons nos affaires au vestiaire puis nous dirigeons vers notre sas de départ…..ça y est, il est presque 8h40, le départ ne va plus tarder maintenant. L'ambiance est fantastique, du monde de partout, des milliers de coureurs sont là, les plus humbles aux côtés des champions, c'est comme si le tour de France était ouvert à tous, et que chacun pouvait pédaler sur les traces des meilleurs. 8h45, enfin le coup de canon libérateur. Nous marchons doucement, le cortège des coureurs s'étire doucement, puis près de 10 minutes plus tard nous franchissons enfin la ligne de départ sous les applaudissements de la foule, bip… le chrono est lancé. L'ambiance est festive, nous cherchons autour de nous des connaissances, mais en vain, trop de monde, alors nos regards s'attardent sur les magnifiques monuments et autres places qui ornent notre parcours. Y'a pas à dire, Paris est vraiment la plus belle ville du monde, et sans voiture, à pied sur les larges avenues, l'emplacement est de choix. Devant nous, les ballons verts nous imposent la bonne cadence, nous nous laissons donc guider tranquillement à 5'40 au km. Premier, puis second ravitaillement, nickel, un peu de bousculade, mais pas de souci particulier. Nous nous dirigeons vers le semi, tranquillement, l'ambiance est bonne enfant et festive, les orchestres qui parsèment le parcours et la foule admirative nous motivent vraiment. Les pompiers sont aussi là, très nombreux à encourager leurs collègues et à regarder passer les petites fesses de toutes ces belles coureuses…..25 km, le rythme reste inchangé, les mollets commencent à durcir, rien d'alarmant, mais j'appréhende la suite, car je sais ce qui m'attend, et je le redoute. 30ème, les choses se compliquent pour moi, les douleurs arrivent, je le savais, je le redoutais et j'avais raison. La foulée devient douloureuse, plus lente, ma belle m'encourage, me conseille pour m'économiser, mais rien à faire, le mal augmente progressivement, je n'éprouve plus de plaisir à cet instant. Seul, j'aurais surement baissé les bras vers le 35ème, mais Mô est restée avec moi pour m'emmener au bout, elle a sacrifié son chrono pour m'aider à finir ce maudit marathon. Elle me parle, tente de me rassurer, je n'entends que sa voix, plus rien d'autre autour ne me motive. Allez, encore 3 km, comme à Albi, je vais me taper 12 km dans la douleur, je le sais, je suis conscient de mon état et inconscient pour continuer. La raison aurait voulu que je stoppe, mais est-ce bien raisonnable de courir 42,2 km... ? J'ai des dizaines de couteaux plantés dans les cuisses et les mollets, et que dire des tendons ? Enfin la délivrance… dernier rond-point…Ha merde, encore 200 mètres ! mon amour me prend la main pour les dernières foulées, photo finish où vous pouvez constater la différence évidente entre mon état et le sien, cela se passe de commentaire. Médaille, retrait des puces, et envie de vomir, faible, très faible, trop au goût de Mô qui me propose d'aller voir la croix rouge. Je refuse, me persuade que ça va passer, mais au contraire, je suis en hypoglycémie très nette, des bourdonnements plein la tête, là vraiment je ne suis pas bien du tout. J'obtempère aux injonctions très sages de ma chérie et me voilà sous la tente des secours pour un bilan désastreux, encore pire qu'à Albi. Assis, je suis pris en charge avec la seule médication de circonstance, le sucre….3 ou 4 morceaux plus tard, me voilà de nouveau debout, incapable de marcher dignement. Le téléphone sonne, c'est Fred qui vient aux nouvelles, puis c'est au tour de Baltha, qui me demande " vous êtes là dans combien de temps. ? " je lui réponds " 15 minutes ", il m'en faudra plus de 30 pour parcourir les 300 mètres avant de les retrouver. Je ne peux pratiquement plus marcher, j'ai froid, pas faim, pas bien je suis, mais je l'ai fait. Faut-il être bourrin pour s'infliger une telle épreuve, une telle souffrance volontairement. Pourquoi.. ??, Je ne sais pas, la fierté de l'avoir fait sûrement et d'avoir piétiné les rues pavées des plus belles avenues du monde. Ah oui, j'ai amélioré mon temps de 3 minutes, tant de souffrance pour si peu, mais cela reste vraiment très secondaire. Merci mon amour de m'avoir soutenu, je saurai te remercier à ma façon…. !!! Lolo
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